Quelle attention portons-nous aux autres? De quelle manière les accueillons-nous? Comment nous relions-nous ? Pour répondre à ces questions, la Biennale d’art contemporain de Lyon a convié des artistes dont les oeuvres racontent souvent leur propre vécu ou celui que d’autres leur ont confiés.
Cette approche sensible explique sans doute pourquoi cette édition nous a paru particulièrement accessible, y compris aux plus jeunes. En considérant ainsi le public, dans sa plus large diversité, c’est comme si la commissaire d’exposition invitée Alexia Fabre, directrice de l’école des Beaux-arts de Paris, s’était imposée à elle-même la thématique de l’altérité.
Lire aussi sur Grains de Sel : Le street art du béton au pixel avec Peinture Fraîche
Aux Grandes Locos, l’art nous répare
Une thématique qui résonne différemment selon les lieux investis par la Biennale. Aux Grandes Locos, ces bâtiments de la Mulatière anciennement dédiés à la réparation des trains, il est ainsi question de voyage, de reconstruction et du fait de s’allier pour gagner en force.
Envie de bons plans en famille à Lyon ? Inscrivez-vous à notre newsletter hebdomadaire.
Majoritairement exposés dans la halle 1, les artistes se sont inspirés à la fois de son immensité et de son passé ouvrier encore littéralement inscrit dans ses murs. Dans cette “cathédrale moderne” aux dires d’Alexia Fabre, cohabitent installations géantes, peintures, pièces textiles et vidéos qui, souvent, appellent l’interaction.
Des oeuvres monumentales et interactives, accessibles aux enfants
Comme avec l’oeuvre de Clément Courgeon: une installation peinte en rouge et blanc, inspirée par l’univers du carnaval et dont la pièce maîtresse est une roulotte. Les enfants pourront s’asseoir pour dessiner, tout en gobant des popcorns distribués par une machine créée par l’artiste.
Expérimenter les oeuvres, c’est aussi monter dessus, comme sur la balançoire d’Ivan Argote. Ou bien entrer dedans, comme sous la tente de Chourouk Hriech, recouverte de dessins en noir et blanc et abritant quelques oiseaux sculptés.

C’est encore jouer de la musique avec le Métallophone de Bastien David. Autour de cette immense percussion sphérique, qu’on ne peut activer qu’à plusieurs, le compositeur a ajouté un millier d’instruments “naturels” (bouteilles, cailloux…). Nul besoin d’être musicien! La seule difficulté est de s’écouter les uns les autres pour produire le son le plus juste…

Des oeuvres qui grimpent jusqu’aux plafonds des Grandes Locos
Il faudra par ailleurs lever haut les yeux pour découvrir les dessins lumineux de Michel de Broin, venus souligner les outrages du temps sur les nefs de la halle. Suspendue au plafond, la tapisserie de Mona Cara résume à elle seule le proverbe “l’union fait la force”. L’artiste a en effet mélangé dentelle et tissage Jacquard réalisés avec des artisans et des professionnels locaux, et même des fils électriques ramassés in situ. Nourrie de récits personnels, l’oeuvre se lit comme un roman graphique et pop.
A côté, on retrouve l’univers sensible d’Edi Dubien: la fusion entre les mondes humain et animal, la proximité de la nature à préserver. En plus de trois grandes peintures, il expose une installation où animaux et végétaux entremêlés dans des cordes s’élèvent eux aussi jusqu’au ciel.

Ce qui nous lie, nous relie, nous délie au MacLyon
Au Musée d’art contemporain, la Biennale nous présente “un grand paysage des relations et des sentiments humains”, indique Alexia Fabre. Y compris dans leur dimension dramatique, avec “la violence qui peut les contraindre ou les briser, mais aussi la manière dont ces relations se réinventent et même s’hybrident”.
Cette possibilité de métamorphose et d’hybridation, voilà ce qu’explore le Slovaque Robert Gabris en s’inspirant du monde des insectes. Il livre une série d’installations extraordinaires qui mixent papier et textile ainsi qu’une vidéo à regarder assis sur des balançoires. Au même étage, les enfants joueront à reconnaître sur leurs photos les artistes Elsa & Joanna, travesties pour incarner d’autres vies que la leur.

Bien accompagner ses enfants au 2e étage du musée
Au 2e étage, trois oeuvres ont de quoi les surprendre à condition de les tenir par la main pour les en protéger. Dans une sorte de parcours qu’on pourrait qualifier “de tous les dangers”, les immenses mobiles en métal ciselé de Liz Parayzo hypnotisent au même titre que les deux gros projecteurs chauds bouillants d’Ange Leccia figurant un Baiser devant la verrière brisée au sol de Stéphane Thidet.
Mais le dernier étage calme le jeu. Dans The Blue Room, l’Anglaise d’origine kenyane Grace Ndiritu expose son étrange projet: celui de “soigner le musée” pour y recréer de la sacralité. Enjoints à passer des surchausses comme à la crèche, on déambule parmi différentes oeuvres d’art prêtées par d’autres musées lyonnais et celles, pluridisciplinaires, de l’artiste plasticienne et activiste. Toutes évoquent le colonialisme et l’évolution de la place des femmes dans le monde.
Un livret-jeux de visite pour les enfants
Pour accompagner les enfants dans leur visite de la Biennale d’art contemporain aux Grandes Locos et au MacLyon, Grains de Sel a conçu un carnet de jeux distribué gratuitement dans chacun des sites d’exposition.
En outre, la Biennale programme visites et ateliers, notamment pendant les vacances. Il est même possible d’y fêter son anniversaire !

17e Biennale d’art contemporain de Lyon, jusqu’au dimanche 5 janvier 2025, dans neuf lieux de la métropole lyonnaise, dont Les Grandes Locos, 10 rue Gabriel Péri, La Mulatière, et le MacLyon, 81 quai Charles de Gaulle, Lyon 6e. Ouvert du mardi au vendredi de 11h à 18h et les samedi et dimanche de 11h à 19h. Plus d’infos sur labiennaledelyon.com
Merci d’avoir lu cet article ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous aider à nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez répondre anonymement à ce questionnaire ou nous envoyer un email à [email protected]. Merci beaucoup !
