Gérard Lecointe et les Percus­sions Claviers de Lyon ont décidé de rele­ver un pari un peu fou : adap­ter le chef-d’œuvre de Jules Vernes Vingt mille lieues sous les mers. Pour ce faire, ces musi­ciens virtuoses n’ont pas hésité à faire dialo­guer les arts. Portés par les airs de Saint-Saëns, Debussy, Dukas joués en direct, le capi­taine Nemo et ses prison­niers s’in­carnent en vidéo sur écrans géants, entou­rés par les dessins féeriques d’Étienne Guiol. D’une beauté merveilleuse, ces décors nous invitent à plon­ger de plus en plus profon­dé­ment dans la poésie du monde sous-marin. Tout en restant fidèle au langage soutenu de l’au­teur, la mise en scène d’Em­ma­nuelle Prager met l’ac­cent sur la rela­tion entre le profes­seur Aron­nax et le célèbre capi­taine. L’en­semble, baigné de lumières douces, solli­cite autant la vue, l’ouïe que l’ima­gi­na­tion, tout en offrant diffé­rents niveaux de lecture. C’est parfois dense et méri­te­rait d’être un peu raccourci, mais la musique offre des pauses bien­ve­nues quand le suspens gran­dit. Lancés à la pour­suite de l’étrange monstre marin qui hante les océans du globe, les spec­ta­teurs iront de surprise en surprise. 

Blan­dine Dauvi­laire