Par Thomas Périllon /

DÈS 8 ANS

Que vous soyez passé à côté d’un film culte lors de sa sortie en salle ou que vous ayez envie de parta­ger un bon moment de cinéma avec vos enfants, la rubrique Mon ciné-club vous propose de (re)décou­vrir des films incon­tour­nables, faciles à déni­cher et à vision­ner en famille. Ce mois-ci : Natty Gann, de Jeremy Kagan, sorti en France en 1986.

Réalisé par Jeremy Kagan en 1985, Natty Gann se déroule durant les années 1930 marquées par la Grande Dépres­sion, une éprou­vante période de crise écono­mique et sociale qui suit le krach de 1929. Le film suit une jeune adoles­cente au carac­tère bien trempé qui va traver­ser les États-Unis à la recherche de son père, contraint d’avoir accepté un job de bûche­ron de l’autre côté du pays. Il a dû quit­ter dans l’ur­gence Chicago, où ils rési­daient ensemble, et confier sa fille à sa logeuse en atten­dant d’avoir les moyens de lui offrir un billet de train pour qu’elle le rejoigne. Mais Natty Gann, rapi­de­ment en conflit avec celle qui la chape­ronne, perd patience et embarque de façon clan­des­tine à bord d’un train de marchan­dises. S’en­suit un périple qui lui fera faire de multiples rencontres, plus ou moins fortu­nées. Sur son chemin, elle devra fuir la police ferro­viaire, s’ex­tir­per d’un orphe­li­nat où on souhaite la placer, et éviter les bandes de voyous et poten­tiels pervers qui pour­raient abuser de sa faiblesse. Heureu­se­ment, durant son voyage, elle se liera d’ami­tié avec un loup, qui devien­dra progres­si­ve­ment son compa­gnon de voyage, et un vaga­bond (incarné par John Cusack), qui se pren­dra d’af­fec­tion pour l’ado­les­cente et lui fera profi­ter de son expé­rience de voya­geur démuni.


LOUP Y ES-TU ?
Tourné au Canada, le long-métrage offre de superbes paysages sauvages, avec leur végé­ta­tion luxu­riante et leurs immenses éten­dues bordées de montagnes, dont la beauté est captée par une caméra qui n’hé­site pas à prendre du recul pour la révé­ler dans toute son ampleur. Mais si Natty Gann mérite d’être (re)décou­vert aujourd’­hui, c’est avant tout pour ce qu’il raconte du lien puis­sant qui peut se tisser entre l’Homme et l’ani­mal, lorsque le premier ne cherche pas à domp­ter la nature du second. Autour de cette rela­tion touchante basée sur le respect mutuel et la bien­veillance, le film illustre le contexte de l’époque où le « rêve améri­cain » a disparu derrière la cruauté du système indus­triel. Enfin, Natty Gann montre une jeune héroïne témé­raire à contre-courant des figures clas­siques de Disney, souvent candides et/ou réso­lu­ment opti­mistes, et affran­chie des stéréo­types liés à son genre. Forte tête, elle n’a pas peur de se battre, crapote quelques ciga­rettes, et, surtout, ne s’ex­cuse pas d’être ce qu’elle est. Son voyage initia­tique marque fina­le­ment le passage à l’âge adulte alors que l’épi­logue, au bout du suspens, offre son lot d’émo­tions, de récon­fort et un petit pince­ment au cœur.


L’info en plus : Révé­lée par ce film qui lui offre son premier grand rôle au cinéma, l’ac­trice Mere­dith Salen­ger sera hono­rée du Young Artist Award du meilleur espoir fémi­nin pour son inter­pré­ta­tion. Pour autant, elle n’ob­tien­dra pas d’autres grands rôles par la suite…
D’une durée d’1h41, Natty Gann est dispo­nible sur la plate­forme Disney+.

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