Que vous soyez passé à côté d’un film culte lors de sa sortie en salle ou que vous ayez envie de parta­ger un bon moment de cinéma avec vos enfants, la rubrique Mon ciné-club vous propose de (re)décou­vrir des films incon­tour­nables, faciles à déni­cher et à vision­ner en famille. Ce mois-ci : Chan­tons sous la pluie, de Stan­ley Donen et Gene Kelly, sorti en France en 1952.

Don Lock­wood et Lina Lamont forment le couple star du cinéma muet, à la ville comme à l’écran, qui collec­tionne les succès à Holly­wood. Mais quand le cinéma devient parlant, leur profes­sion et les tour­nages sont complè­te­ment cham­bou­lés. Il faut désor­mais apprendre et resti­tuer les dialogues. Une contrainte dont les deux célé­bri­tés doivent s’ac­com­mo­der si elles ne veulent pas voir leur carrière s’ache­ver.

Amour et jalou­sie à Holly­wood

Si Don semble à l’aise dans ce nouvel exer­cice, sa compagne ne convainc pas, du fait de sa voix jugée « désa­gréable  » par les studios, ce qui menace l’ave­nir profes­sion­nel de leur duo. Une danseuse et chan­teuse incon­nue, Kathy, est alors enga­gée pour doubler Lina, mais Don en tombe immé­dia­te­ment amou­reux, déclen­chant la jalou­sie de sa parte­naire. Cette dernière est alors prête à mettre en péril la carrière de Don tandis que le nouveau duo qu’il forme avec Kathy suscite l’en­thou­sias­me…

Atten­tion chef-d’œuvre !

Comé­die roman­tique et musi­cale, emme­née par Gene Kelly (égale­ment co-réali­sa­teur) et Debbie Reynolds, Chan­tons sous la pluie est consi­déré comme l’un des plus grands clas­siques du cinéma, en plus de témoi­gner de l’évo­lu­tion de l’in­dus­trie ciné­ma­to­gra­phique. L’avè­ne­ment du cinéma parlant à la fin des années 20 eut en effet un grand impact sur de nombreuses carrières, y compris celles d’im­menses artistes qui ne parvinrent pas à adap­ter leur voix et leur physique à cette nouvelle donne. Comment ne pas citer Buster Keaton, l’un des plus grands génies à ne pas réus­sir cette tran­si­tion, contrai­re­ment à Char­lie Chaplin

L’al­lure d’un conte de fées

La ressor­tie en salle ce mois-ci (et en Blu-ray ultra haute défi­ni­tion) du chef-d’œuvre de Stan­ley Donen et Gene Kelly est une formi­dable occa­sion de faire décou­vrir ce joyau de fantai­sie et d’émo­tion, doté d’une mise en scène épous­tou­flante. Si certains détails spéci­fiques échap­pe­ront aux plus jeunes, ils trou­ve­ront peut-être au film l’al­lure d’un conte de fées : Don peut ainsi appa­raître comme le valeu­reux prince char­mant, flanqué de son fidèle écuyer Cosmo, Kathy la jeune outsi­der atti­rant l’at­ten­tion du prince, et Lina la diabo­lique reine qui tente de les sépa­rer par jalou­sie et chagrin. Mais Chan­tons sous la pluie est aussi un réjouis­sant flori­lège de chan­sons et de choré­gra­phies, un feu d’ar­ti­fice de couleurs, qui lui confèrent ce statut de film culte pouvant légi­ti­me­ment prétendre à l’étiquette actuelle de feel good movie.

Durée : 1h43 • Dès 8 ans

L’info en plus
Le film ne connut pas immé­dia­te­ment le succès lors de sa sortie. Si Donald O’Con­nor remporta le Golden Globe du meilleur acteur et l’on salua le travail des deux scéna­ristes (Betty Comden et Adolph Green), ce n’est que plus tard qu’on lui recon­nut enfin son statut de monu­ment du cinéma et de plus grande comé­die musi­cale de l’His­toire du 7e art. 

Article rédigé par Thomas Périllon • Photo d’ou­ver­ture : © DR