Sur les photos prises avec le téléphone, elles posent en faisant des grimaces ou enlacées dans les bras l’une de l’autre. Des selfies « remplis d’amour » que nous montre Maud, qui élève seule sa fille Naomi depuis dix ans. « On a construit une belle relation, affirme la maman solo. On parle beaucoup, de tout. Évidemment, on est très fusionnelles. » C’est vrai qu’en les voyant ensemble, on imagine très bien leurs jeux complices, leurs éclats de rire et leurs tendres embrassades.
Au café où elles ont leurs habitudes, juste en face de leur appartement, elles savourent ce soir-là un chaï latte vanille qui ourle de moustaches les lèvres de Naomi. Pétillante, boucles brunes relevées en macarons, elle a l’œil vif qui s’allume en racontant ses meilleures anecdotes mère-fille. Et reflète une pensée profonde lorsque la discussion s’attarde sur son père biologique qui, il y a dix ans, n’a pas voulu la reconnaître comme sa fille.
Ue histoire à laquelle s’identifier
« Elle a commencé à demander « il est où mon papa ? » quand elle avait 2 ans, retrace Maud en jetant des regards attentifs à sa fille. Je ne pensais pas que ça arriverait si vite… Mais j’ai tâché de lui répondre avec des mots à hauteur d’enfant. » Que faire d’un lien biologique qui nous raccorde à un parent n’ayant pas construit le pendant affectif ? Pour donner des repères à sa fille, Maud a cherché dans la littérature jeunesse des livres qui traitent de l’absence du co-parent, racontent la vie d’une famille monoparentale. Choux blancs.
Lire aussi sur Grains de Sel : Jonathan et Jules : « faire famille, c’est se choisir mutuellement »
Envie de bons plans en famille à Lyon ? Inscrivez-vous à notre newsletter hebdomadaire.
Alors, elle lui a écrit son propre livre, « une petite histoire à laquelle elle puisse s’identifier, pour expliquer ce qu’est une famille », décrit Maud. Naomi s’empresse d’aller chercher l’ouvrage intitulé Où est mon papa ? « Comme mon tonton dessine super bien, c’est lui qui a fait les dessins », présente-t-elle en tournant les pages. Les textes, écrits par Maud, expliquent qu’il existe différentes formes de familles : certaines avec deux papas, deux mamans… Et d’autres avec juste un papa ou juste une maman.
De temps en temps, il arrive encore à Naomi de le feuilleter. « Parfois, je sens qu’elle est triste ou en colère, confie sa maman. Mais elle sait qu’elle peut m’en parler et que je réponds à toutes ses questions. » Et quand elle n’a pas les réponses, elle lui récite la dernière page du livre : « Il y a des choses que je ne sais pas expliquer, mais je sais que je t’aime, n’en doute jamais. »
Un duo bien entouré
Un jour, Naomi a voulu rencontrer celui qu’elle appelle tantôt « papa », tantôt par son prénom. « Je pense qu’elle avait besoin de savoir qui c’était », analyse Maud. Une première rencontre l’année dernière, puis une deuxième et une troisième… Avant qu’il ne donne plus suite. Naomi ne veut pas trop en parler et ce n’est pas grave : elle a tellement d’autres choses à raconter !
Car elle est la joie de vivre incarnée, entourée de ses grands-parents, oncles et tantes, cousins et cousines… Une grande famille que la fillette voit souvent. « Le mardi soir, je dors chez mes grands-parents et mon grand-père m’emmène à mes activités extra-scolaires », raconte celle qui a déjà cinq ans d’équitation à son actif et se lance cette année dans la danse street jazz et le piano. Mais ce qu’elle préfère, ce sont les soirées privilégiées avec sa maman, lovées dans le canapé avec du pop-corn et un bon film.
Ensemble, elles adorent aussi voyager et ne manquent pas une occasion de partir à l’aventure : à la Réunion où elles ont de la famille ou à Cuba, mais aussi en Camargue ou dans les Landes où aimerait habiter Naomi plus tard, avec son cheval et sa librairie-café. « J’aime bien quand on part sur un coup de tête ou quand on marche dans la forêt sans savoir où on va, sourit Naomi. Des fois, je dis exprès à maman de ne pas regarder la carte. » L’intrépide duo avance ainsi dans la vie, confiante l’une en l’autre, l’amour comme boussole et la joie comme tierce compagnie.
Merci d’avoir lu cet article ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous aider à nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez répondre anonymement à ce questionnaire ou nous envoyer un email à [email protected]. Merci beaucoup !
