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Au Conseil municipal des ados, la soif d’agir des jeunes

Mis à jour le 30/04/2026
Pensé dans la lignée des conseils d'arrondissement des enfants, le conseil municipal des ados réunit 57 jeunes de tous les arrondissement de Lyon pour donner une voix aux adolescents et leur permettre de réaliser des projets dans leur ville. Six mois après leur premier conseil en septembre 2025, les jeunes ont appris à travailler ensemble, rencontrer les services de la ville et ont hâte de concrétiser leurs projets. Loin des clichés véhiculés sur les ados, ils témoignent d'un fort sens politique, d'un désir d'agir concrètement et d'une soif de se faire entendre.

Des petits Vélov’ pour les enfants ; des forums dans les collèges pour enseigner aux ados leurs droits ; des maraudes pour aider les personnes sans-abri… Les idées fusent à la Maison des Rancy où se tient ce samedi de mars le conseil municipal des ados (CMA). Lancé à l’été 2025 par la municipalité écologiste dans la lignée des conseils d’arrondissements des enfants, l’instance réunit 57 jeunes âgé·es de 11 à 14 ans issu·es de tous les arrondissements lyonnais pour un mandat de deux ans, au cours duquel ils et elles vont mener des projets pour améliorer leur ville.

Une première à Lyon, que pilote Caroline Schlenker, cheffe de projet « Émancipation et citoyenneté de l’enfant » pour la mission « Ville des enfants ». « Le but est de donner les moyens à tous les ados quels que soient leur milieu et leur expérience d’engagement de se saisir de ce que fait la Ville et de réfléchir à comment ils pourraient, eux, y agir et penser la place des ados, présente-t-elle. Pour ce faire, on a travaillé avec la coopérative Kaléido’scop à des animations adaptées et à une progression sur les deux années. »

Apprendre à s’écouter et à s’exprimer

Pour favoriser au maximum la diversité au sein du conseil, collèges, centres sociaux et structures d’éducation populaire ont été sollicités lors du recrutement. Les jeunes volontaires ont alors participé à une demi-journée de découverte des pratiques démocratiques à l’Hôtel de Ville, avant de participer à leur première plénière fin septembre 2025. Depuis, les membres du CMA se réunissent un samedi par mois. « Dans cette première phase, on apprend à avoir une voix collective. Même si on n’est pas toujours d’accord, l’idée est de construire ensemble et surtout de s’écouter », décrit Caroline Schlenker.

Fresque Conseil municipal des ados, par Lou de Kaléido'scop
Fresque réalisée lors du CMA par Lou de Kaléido’scop © Tristan Debray

En cette 5e séance, les jeunes qui au début ne se connaissaient pas semblent à peu près tous à l’aise. Même les plus réservés se sont ouverts : « Ça me permet d’avoir un peu plus confiance en moi et de mieux communiquer », confie Chloé* (12 ans), au collège Marcel Dargent (Lyon 3e). Ils ont appris à travailler en groupe, comme cette après-midi où ils réfléchissent à des actions autour des problématiques « éducation et scolarité », « écologie », « social et solidarité ». « Écouter davantage les jeunes », « lutter contre le harcèlement » et « faire des toilettes non genrés pour les personnes LGBTQIA + » sont quelques-unes de leurs idées pour améliorer le système scolaire.

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Du concret pour « faire avancer les choses »

Pour les guider dans leurs réflexions, l’équipe encadrante leur a fait rencontrer les équipes de direction et les services de la ville. Mais aussi des associations, comme ce jour-là avec la visite de la Convention citoyenne des jeunes pour le climat de Pont de Claix (Isère), venue présenter ses actions. Autant d’approches de terrain qui leur permettront, bientôt, de mettre en œuvre leurs projets. Et les jeunes élu·es ont hâte. « En 5e, j’ai commencé à vouloir faire quelque chose de concret, témoigne Leni, 14 ans. Je suis assez dans l’écologie et j’ai envie que ce sujet soit encore plus porté. C’est vraiment ce que je veux faire. »

À côté de lui, Alix, 13 ans, aimerait agir pour les personnes sans-abri, mais aussi sur les questions LGBT qui lui sont chères. « J’ai beaucoup d’idées et j’aimerais toutes les mettre en action, donc je me dis que le CMA est une bonne manière d’y arriver », déclare-t-elle. « J’aime beaucoup faire partie du CMA. Bon, il faut le temps que ça se mette en place, le concret manque un peu pour l’instant, mais ça va arriver, philosophe Léon, 13 ans, passionné de politique et d’histoire. L’histoire mène à la politique. On ne peut pas comprendre le monde dans lequel on vit sans regarder dans le rétroviseur pour ne pas refaire les mêmes erreurs. »

« Le monde dans lequel on vit change énormément, donc je veux aider à ce que ça change dans le bon sens. »

Yaël, 14 ans

Comme lui, ses collègues partagent déjà un sens aigu de la politique. « La politique est importante car c’est ça qui régie tout, abonde Alix. Si on ne s’y intéresse pas, on peut se retrouver dans la 3e guerre mondiale sans savoir pourquoi ni comment. » « Le monde dans lequel on vit change énormément, donc je veux aider à ce que ça change dans le bon sens, et j’espère qu’on va bientôt faire des projets concrets », témoigne aussi Yaël, 14 ans.

La soif de se faire entendre

Leur ardent désir de changer le monde réconforte… « Malheureusement, quand on est mineure, on est beaucoup moins écoutés que les adultes, déplore cependant Alix. Pourtant, les enfants ont aussi de bonnes idées, et peut-être parfois des meilleures car ils ont un regard neuf. Un enfant, il va directement penser à l’idée et à comment y arriver. » Leni, à ses côtés, opine du chef. « Nous, on veut direct aller au but et les adultes pensent aux conséquences, renchérit-il. Moi, je me suis parfois demandé : « mais pourquoi ils ne font pas juste ça et on s’en fout du reste ! ». Bon, après, on peut pas tellement s’en foutre du reste… »

Animateur au sein du Conseil municipal des ados, Adeni est témoin de cette soif des jeunes de se faire entendre. En stage aux côtés de Caroline Schlenker, il travaille à un guide des bonnes pratiques à destination des agents de la ville pour sensibiliser à la participation des enfants. « Les ados ont vraiment envie de s’engager et d’agir à une autre échelle, confirme-t-il. Ce qui revient beaucoup, c’est qu’ils veulent se faire écouter. Certains disent qu’on n’entend que la voix des adultes qui parlent en leur nom, mais jamais celle des ados. Ils ont envie de parler pour eux-mêmes, et je crois que c’est quelque chose de très important dans ce dispositif. »

* Les prénoms ont été changés pour préserver l’anonymat des adolescents

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© Tristan Debray

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