Un certain attrait pour ce qui brille pousse nombre d’enfants à collectionner pierres précieuses, perles ou sequins trouvés par terre… Il ne faudra alors pas se priver de les emmener découvrir les trésors qui ont investis fin juin le musée de Fourvière pour une exposition dédiée à l’architecte Viollet-le-Duc.
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Connu notamment pour avoir restauré la cathédrale d’Amiens et de Notre-Dame de Paris au 19e siècle, il a influencé des générations d’artistes bâtisseurs, jusqu’à Le Corbusier. Mais c’est un pan moins connu de son œuvre que dévoile l’exposition : les dessins d’un créateur de formes qui conçoit pour les cathédrales du mobilier liturgique et transforme chaque objet en œuvre d’art.
Calices et reliquaires aux mille éclats
Posant à côté de leur dessin préparatoire, les pièces étincellent comme autant de trésors qui donneront aux jeunes visiteurs la sensation d’entrer dans une chambre de prince ou de princesse. Crucifix doré surmonté de lapis lazuli, bénitier en cristal de roche, ostentatoire incrusté de verroterie, vaisselle délicate, ciboires ornés de pierreries, calice décoré de médaillon et d’émaux…
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Et, clou du spectacle, trois œuvres majeures dessinées par Viollet-le-Duc pour la cathédrale Notre-Dame de Paris et classés au titre des Monuments Historiques : le reliquaire de la Sainte-Couronne avec ses gemmes et pierres fines ; le reliquaire du Saint Clou et de la Vraie Croix tout en dentelle dorée ; le buste de Saint-Louis, tapissé de feuilles d’argent et de cabochons multicolores.
« Il est rarissime que ces pièces sortent de la capitale, commente le commissaire d’exposition Gaël Favier. Des musées du monde entier demandent à les exposer, c’est une chance exceptionnelle pour Fourvière de les avoir. »
Raffinement néogothique
Qu’on soit férus d’histoire, amoureux du beau ou de tout ce qui brille, on se plaît à contempler ces objets précieux, réalisés pour la plupart par les orfèvres Bachelet, Poussielgue-Rusand et Chertier.
Tandis que l’éclat dans les yeux des enfants se mêle à celui des œuvres, les parents en apprennent un rayon sur le mouvement néogothique, qui entend restaurer les formes du Moyen-Âge dans une époque qui cherche à revenir à ses racines médiévales, « renouveau fantasmé d’un grand temps de la période chrétienne », décrit le commissaire.

C’est dans ce cadre que Viollet-le-Duc, soucieux de sauvegarder ce patrimoine, crée de quoi garnir les édifices religieux. Défendant un idéal de l’Art total, il pense l’ornementation en harmonie avec l’architecture de son bâtiment pour mieux en exprimer « l’âme ».
Le Beau avant tout et pour tous
Mais surtout, toujours guidé par un soucis du Beau, synonyme pour ce penseur visionnaire d’élévation spirituelle. Car le restaurateur de cathédrales porte une vision démocratique de l’art qu’il considère « indépendant du luxe », convaincu que chacun, argenté ou non, a le droit d’être environné de beauté.
Pour démocratiser cette dernière, il compte sur l’industrialisation des procédés de fabrication qui, par la réduction des coûts, permettent une diffusion en série des objets. Dès lors, ses orfèvres commercialisent ses œuvres via des catalogues, lesquelles ne sont plus alors l’apanage des lieux sacrés, mais entrent dans le quotidien des maisons.
S’ils leur vient l’envie de créer à leur tour de belles formes, les enfants profiteront dans l’exposition d’une borne-atelier à laquelle ils choisiront leur modèle de couronne ou de croix à décalquer sur une feuille blanche grâce à une table lumineuse, avant de la colorier et de l’orner de stickers perles, à la manière des gemmes de la sainte Couronne.
Sur une borne numérique, ils joueront au memory ou au puzzle pour recréer des motifs vus dans l’exposition, ou bien enverront une carte postale électronique à la personne de leur choix. Une exposition brillante pour rendre hommage à l’esprit brillant de Viollet-le-Duc, qui accueille en personne les visiteurs à l’entrée du musée sous forme d’un hologramme pour une petite touche de modernité.
Les trésors méconnus de Viollet-le-Duc
Jusqu’au 2 novembre 2025 au musée de Fourvière, 7-8 Place de Fourvière, Lyon 5e. Ouvert tous les jours de 10h à 18h jusqu’au 31 août (sauf les dimanches matin), et de 12h30 à 18h à partir de septembre. Dès 6 ans. Tarifs : de 6 à 10 euros, gratuit pour les -5 ans. Nocturnes gratuites les lundis 25 août, 29 septembre et 27 octobre de 18h à 20h. Tél : 04 78 25 13 01. fourviere.org/fr/culture-notre-dame-de-fourviere/musee
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