Rarement dans une exposition, les portraits nous tournent le dos. C’est pourtant ce à quoi nous confronte As an owl in the daylight de Tristan Chinal-Dargent, à la BF15. Formé aux Beaux-arts de Grenoble et de Nantes, ce jeune artiste qui peint à l’encre de Chine nous met en présence de grandes têtes d’hommes et de femmes qui nous refusent leur regard, quand un immense hibou semble lui nous percer de l’intérieur. Une rencontre très forte qui sollicite immédiatement l’imaginaire.
La science-fiction de Philip K. Dick
L’oiseau apparaît comme le maître des lieux. Il renvoie en tout cas au titre de l’expo qui est aussi celui du roman inachevé de Philip K. Dick, auteur américain de science-fiction. Ce proverbe rural qui signifie “Ne plus rien comprendre au monde” fait écho à la passion de Tristan pour le sujet de l’altérité, depuis son enfance passée dans les montagnes de Savoie. Sa découverte récente de l’œuvre de Dick lui a permis d’intégrer à son travail “la question de la science-fiction et de l’étrangeté de l’autre, humain ou non.”

Une étrangeté que l’on retrouve dans une série de petits formats alignés, au fond de la galerie. Là encore, l’imagination démarre au quart de tour, tant ces peintures majoritairement figuratives ont à raconter, un peu comme dans une BD. “Forcément quand on met des images à côté, elles se répondent et créent des histoires,” sourit Tristan.
Les enfants pourront s’inventer les leurs lors d’un atelier de dessin à l’encre noire le mercredi 24 juillet, de 11h à midi (5 euros; à partir de 7 ans).
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