Par Caro­line Sicard /

Après Tu savais pas ?, jour­nal dédié aux 7–10 ans, David Volpi vient de lancer un nouveau concept de lecture jeunesse. Déplis et lis, ce sont des histoires courtes que les enfants reçoivent dans leur boîte aux lettres dans un format de carte postale à déplier. Portrait d’un entre­pre­neur qui tient à asso­cier le ludique au péda­go­gique. 

Il y a cinq ans, alors qu’il travaille au marke­ting digi­tal chez TF1, David Volpi a envie de redon­ner du sens à sa carrière. Le déclic vien­dra en partie de la décou­verte d’un court-métrage choc pro vegan. “J’ai pris véri­ta­ble­ment conscience de la néces­sité de proté­ger la nature et j’ai commencé à me rensei­gner sur le sujet, se souvient le tren­te­naire. 

J’ai alors eu envie de sensi­bi­li­ser les plus jeunes, de la même manière qu’en­fant j’au­rais aimé qu’on m’en parle.” Le ver est dans la pomme. David commence par scéna­ri­ser Sentience, une trilo­gie de bande-dessi­nées autour de la cause animale, avant de suivre une forma­tion de web desi­gner.

En 2017, il lance Tu savais pas?, un mensuel papier destiné aux 7–10 ans qui met tous les mois un animal à l’hon­neur, comme la pieuvre ou l’arai­gnée. Au cours des vingt pages que compte le jour­nal, les jeunes lecteurs apprennent toutes les parti­cu­la­ri­tés et petits secrets de l’ani­mal au moyen d’ar­ticles scien­ti­fiques au ton décalé et de jeux. Car l’édi­teur qui réalise seul le jour­nal de A à Z – de la maquette à la vulga­ri­sa­tion d’ar­ticles scien­ti­fiques en passant par les mots croi­sés – tient à toujours allier le péda­go­gique au ludique pour que “ l’en­fant puisse véri­fier s’il a été atten­tif à la lecture”.

Son autre cheval de bataille, c’est le papier, bien-sûr 100% recy­clé et non traité. Loin d’être anti-écran, il voit dans le jour­nal tradi­tion­nel un support origi­nal qui permet de capter l’at­ten­tion des plus jeunes: “Les enfants aiment faire comme les adultes. C’est magique à leur âge de rece­voir un cour­rier à leur nom et de le feuille­ter comme un grand.

© DR

Une passe­relle vers le roman

L’an­née dernière, fort de son millier d’abon­nés, David Volpi part s’ins­tal­ler un an au Canada pour suivre sa compagne vété­ri­naire. Manque de chance, le confi­ne­ment tombe au même moment. “Comme en France, les librai­ries et les biblio­thèques ont fermé, il n’y avait plus d’ac­cès aux livres. J’ai eu alors l’idée d’ame­ner les histoires aux enfants direc­te­ment chez eux.

David reprend les mêmes ingré­dients que Tu savais pas? : un support origi­nal sous la forme d’une histoire à déplier au format carte postale avec, au dos, des énigmes à résoudre. Mais ce n’est pas tout: en scan­nant un QR code, les lecteurs peuvent accé­der à des jeux en ligne (escape game, tuto, mots croi­sés…) qu’ils débloquent au moyen d’un mot de passe à devi­ner à partir de l’his­toire. De quoi les rendre bien plus atten­tifs ! David voit ces histoires courtes, à lire en 10 minutes, comme une passe­relle vers le roman jeunesse. Et pour vali­der les histoires que son équipe d’au­teurs lui envoie, il fait appelle au meilleur des jurés: les enfants eux-mêmes, grâce à un parte­na­riat monté avec une classe à Arge­lès.

Installé désor­mais à Cham­pagne au Mont-d’Or, ce Fran­ci­lien d’ori­gine aime­rait d’ailleurs nouer de nouveaux parte­na­riats avec des écoles de la région. Et alors qu’il lance les premiers numé­ros de Déplis ce mois-ci, après une campagne de crowd­fun­ding, David a déjà des idées de déve­lop­pe­ment plein la tête: “Ce format qui mesure 1 mètre recto-verso offre beau­coup de possi­bi­li­tés. J’ima­gine le décli­ner en Déplis et colo­ris, Déplis et réflé­chis, avec des laby­rinthes, ou encore Déplis, cherche et trouve”,  s’en­thou­siasme celui qui ne rate jamais une occa­sion de faire réflé­chir les enfants en s’amu­sant. 

Déplis et Lis © DR
  • Déplis et lis, de 7 à 10 ans. Formules 2 histoires par mois à 5,90€ ou 4 histoires par mois à 10,90€. deplis.fr