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Quand deux papas tombent amoureux : dans la famille recomposée d’Alex

Publié le 28/11/2025
Chacun père de deux ados nés d'une précédente union, Alex et son mari sont tombé·es amoureux. Dans leur famille recomposée, les rôles se réinventent, les repères bougent, mais pas les liens familiaux.

Ce jour-là, il n’y a personne chez Alex*, et cela semble mieux lui convenir pour nous raconter son épopée familiale… Entre ses deux ados et ceux de son mari, tous nés d’une précédente union, la famille passe de deux à six personnes une semaine sur deux lorsque les enfants, en garde alternée, reviennent au bercail. Un rythme commun, décidé au départ pour créer « une dynamique familiale » entre les adolescents.

Car dans cette famille recomposée, chacun a appris à se connaître pour créer un lien avec des demi-frères et sœurs et un beau-père, après que leurs papas sont tombés amoureux. « On a mis du temps avant d’en parler à nos enfants, confie Alex avec pudeur. Puis, notre relation s’avérant durable, je leur ai présenté mon « nouvel amoureux »…

Avec ma fille, c’est passé comme une lettre à la poste. Avec les garçons, il a fallu plus de temps. Je pense que ça a un peu bousculé leur vision de la masculinité… Surtout pour mon fils, qui m’a vu évoluer vers plus de féminité. » Car au fil du temps, Alex s’épanouit de plus en plus comme une femme. Aujourd’hui, elle se genre au féminin.

S’accorder et s’appeler

Dans cette transformation de la figure paternelle, Alex accompagne ses enfants, par une discussion toujours ouverte. Elle leur a aussi proposé d’échanger avec un psy. « Avec ma fille, ça a renforcé notre complicité. On fait les magasins, on parle de choses un peu profondes ou des garçons. Avec mon fils, il y a encore un peu de gêne, hésite-t-elle. J’ai toujours une petite prudence, une pudeur… Quand mon mari va pour me faire un bisou, je suis plus réservée. » Pour ne pas brusquer son fils qui a grandi en l’appelant papa, Alex jongle entre assumer sa féminité et « faire attention à sa réactionMême s’il m’a dit que je faisais ce que je veux », précise-t-elle.

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Dans cette configuration familiale où s’entremêlent recomposition, homoparentalité et transidentité, les rôles et les appellations sont à redéfinir. Mais pas l’amour, qui reste un repère fixe. À force d’écoute et de bienveillance, la famille a trouvé son rythme de croisière, et Alex son rôle : « mamoun » pour ses enfants biologiques, belle-mère pour ses beaux-enfants.

« Je leur ai clairement dit que je n’étais pas là pour prendre la place de leur maman. Mon rôle, c’est d’être là quand ils en ont besoin, pour des choses pratiques comme les devoirs ou le shopping, ou pour du soutien moral, décrit-elle. Ma belle-fille, notamment, me dit des choses qu’elle ne dit pas forcément à son père. Je suis un peu une confidente pour les questions de féminité, j’endosse plus le rôle maternel… Malgré tout, on reproduit un schéma hétéronormé ! »

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« Un bébé de nous deux »

Ce rôle maternel, Alex s’apprête à l’endosser encore davantage avec l’arrivée prochaine d’un bébé. « Je voulais un petit de nous deux, que mon mari devienne le père de notre enfant », déclare-t-elle. Découragés par le parcours de l’adoption dans lequel « les couples [comme le leur] sont loin d’être prioritaires », Alex et son mari se sont tournés vers la GPA, auprès d’une agence au Canada. « Une GPA altruiste où la mère porteuse choisit les couples qu’elle veut accompagner », explique-t-elle.

Après un interrogatoire poussé et quelques semaines d’attente, Sally les a choisis : « Le feeling est très bien passé, on est en contact régulier », s’enthousiasme Alex. Pour concevoir ce petit bébé, le couple a aussi eu recours à une donneuse d’ovocyte, « et on a choisi les gamètes de mon chéri, car ça lui tenait à cœur », complète Alex. Faute d’être liée biologiquement à l’enfant, elle a pu assister au prélèvement. « Symboliquement, c’était important pour moi, pour me sentir « mère ». Même si ce n’est pas le lien biologique qui fera que j’aime mon enfant », précise-t-elle.

Un jour enfin, le téléphone a sonné « pour dire que Sally était enceinte », raconte Alex très émue. Dans deux mois et demi, elle et son mari s’envoleront au Canada pour la naissance de leur enfant. Le lien qui les unit à Sally ne sera pas rompu ; pour eux, il est important de rester en contact et que leur enfant connaisse son histoire. En attendant, tout le monde attend impatiemment ce nouveau membre de la famille. « Nos enfants suivent le processus depuis le début et ils sont à fond, se réjouit Alex. C’est eux qui choisiront le prénom. »

*Le prénom a été modifié à la demande de la personne.

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© Margot Burlot

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