Que ressentiraient les enfants s’ils étaient interdits dans un lieu juste parce qu’ils sont des enfants ? Alors que la mode no kids fait polémique, nous sommes allées poser la question aux premiers intéressés.
Désarmants par leur foi en l’adulte, la plupart pensent qu’un lieu interdit aux plus petits l’est pour les protéger. « Je comprends si c’est une raison de sécurité », répond ainsi Louise (8 ans). « Je me dis qu’il faut attendre ; quand j’aurai l’âge, j’aurai l’âge », philosophe de son côté Léonard (10 ans).
D’autres en revanche s’insurgent : « C’est vraiment injuste, je veux pouvoir aller partout ! », s’exclame Gabriel (11 ans). Même Charlie, du haut de ses 5 ans, est « fâchée » par cette discrimination. « J’ai besoin d’avoir des explications, réclame pour sa part Chloé (12 ans). Je trouve que ça ne se fait pas. Si je fais trop de bruit, on me dit de faire moins de bruit et puis voilà. »
« Je trouve que ce n’est pas juste, déclare aussi Nina (10 ans), bien au fait de la polémique de la SNCF. Le train, c’est pour tout le monde. Moi, je sais bien me tenir, mais on est encore jeunes : on a besoin de se dépenser. »
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De quoi les enfants ont-ils besoin pour se sentir bienvenus quelque part ?
Comment faire alors pour qu’ils se sentent bienvenus dans un lieu ? Être considéré est leur premier vœu. Comme Camille (10 ans) qui a besoin que les gens lui parlent, Brune (7 ans) souhaite qu’on lui dise bonjour et qu’on s’adresse à elle comme on le ferait avec n’importe quel adulte, et Edem (10 ans) veut « juste que les gens soient gentils ».
Mais ce sont aussi les aménagements pensés pour eux qui font la différence. Clara (9 ans) aime quand il y a des livres de coloriage ; Nina, qu’il y ait « des petits espaces interactifs pour les enfants dans un musée, un menu enfant dans un restaurant et des rehausseurs au cinéma. »
La petite Charlie, elle, aime quand il y a des jeux et Balthazar (7 ans), quand il y a des plantes. « Au cinéma, je n’aime pas quand les adultes disent que les enfants font trop de bruit », ajoute Chloé.

Alors même qu’ils sont accusés de déranger les adultes, plusieurs enfants s’avèrent eux-mêmes sensibles aux environnements bruyants. Ils mettent « mal à l’aise » la petite Angèle, mais aussi Louise qui a besoin « d’être accompagnée par des adultes » dans les lieux où la musique est trop forte.
De l’air !
Les enfants disent aussi avoir besoin d’espace, « parce que si c’est tout serré ce n’est pas très agréable », pointe Gaston (9 ans). « Au musée, je n’aime pas quand il y a trop de monde et qu’on est trop serré. J’ai besoin que ce soit aéré et que ça ait du sens pour les enfants », abonde Chloé.
Ainsi, pour beaucoup d’entre eux, leur lieu préféré est le parc, où Camille, Brune et Gabriel se sentent à l’aise avec ses grands espaces.
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À l’inverse, les transports en commun en oppressent plus d’un. « Il y a trop de monde », regrettent Balthazar, Edem et Chloé : « Je n’aime pas le métro parce que souvent on est très serrés. Petite, je détestais parce que tout le monde est plus grand que toi ; tu essaies de tenir à la barre parce que tu ne peux pas attraper les poignées en hauteur… »
Quoi qu’il en soit, « les adultes ont tous été des enfants et les enfants vont tous devenir des adultes, rappelle Chloé avec sagesse. C’est la même chose, juste on n’a pas les mêmes privilèges. » À méditer.
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