Il existait autrefois une obscure coutume qui voulait qu’une mère gifle sa fille le jour de ses premières règles. Sensé être léger, le geste n’en était pas moins symboliquement violent et totalement inadapté face à l’état d’incompréhension, de fragilité et de possible douleur de la toute jeune fille.
Quel sens d’ailleurs fallait-il lui donner? S’agissait-il d’accueillir sa fille dans le monde des femmes et de lui faire comprendre qu’en tant que telle, elle allait souffrir toute sa vie?!
Dans d’autres familles, point de baffe, mais point de parole non plus: le sujet des règles était tabou, tu et caché, comme quelque chose de sale et de honteux. Une autre forme de violence pour celle qui ne comprenait pas ce que son corps traversait.
Une parole qui se libère autour des règles
Bien heureusement en 2024, la gifle menstruelle semble avoir disparu et la parole – celle des mères en tout cas – s’est développée. Pour autant, il n’est encore pas totalement facile d’avoir ses premières règles aujourd’hui, a fortiori quand on est encore assise sur les bancs de l’école primaire. Phénomène qui, vous le lirez dans notre dossier de novembre, arrive de plus en plus fréquemment.
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La peur et la honte de tâcher son pantalon, de se voir moquer par les garçons ou tout simplement d’avoir mal continuent de hanter les jeunes adolescentes. Mais face à cette persistance, ça bouge en France et en particulier à Lyon.
De nombreuses associations d’éducation menstruelle proposent d’accueillir les mères ainsi que les pères dans des ateliers avec leurs filles, et d’intervenir parallèlement dans les établissements scolaires pour rassurer les filles et enrôler les garçons dans le combat de la parole libérée.
Faire que les garçons et les filles vivent leur puberté à égalité
Seulement, comme les séances d’éducation à la sexualité et à la vie affective, ces temps scolaires ne sont malheureusement pas encore largement répandus, car dépendent de la bonne volonté des personnels éducatifs.
Pourtant, en s’appuyant sur l’expérience sensible de la gent féminine, ces espaces privilégiés de communication éclairent ces jeunes messieurs et aident chacun et chacune à grandir dans un sentiment d’égalité.
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